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L'histoire d'Enzo Ferrari (3)
 

1975... En Italie, une nouvelle loi interdit aux jeunes de moins de 21 ans et aux "vieux" de plus de 65 ans de conduire des voitures capables de dépasser les 180 km/h. Enzo Ferrari est dans le cas et doit se résoudre à conduire une modeste Fiat 132 à boîte de vitesses automatique! Ce fait l'amuse plus qu'il ne le gêne... Auparavant, Enzo partait parfois tester ses nouveaux modèles dans la campagne alentour. Pour juger de l'effet produit, il traversait les villages avertisseur à fond et échangeait des saluts avec les riverains qui reconnaissaient en lui un personnage de haute importance.

A la fin de l'année 1976, Fiat demande à son associé Ferrari d'apposer sa marque sur ses Formule 1. Le moins que l'on puisse dire, c'est que ça ne fait pas plaisir au "patron"! D'ailleurs, au début de l'année 1977, Enzo Ferrari abdique. Il en a assez, il a 80 ans et laisse la place aux jeunes, tout content de montrer ainsi sa mauvaise humeur. Néanmoins, il reste à la tête du service course, et se met comme "conseiller" à la disposition de chacun à Maranello. En fait, il ne se résout pas à quitter l'empire qu'il a construit...
Petit à petit, on voit Enzo Ferrari porter de plus en plus d'attention au jeune directeur administratif de la Scuderia, Piero Lardi. C'est alors que la nouvelle éclate comme une bombe; Piero Lardi est son fils naturel! Il est né le 22 mai 1945, mais son entourage a gardé le secret pendant de longues années...

Rongée par la maladie aggravée par le chagrin de pleurer son fils Dino depuis plus de vingt ans, Laura Ferrari s'éteint le 28 février 1978. C'est une nouvelle épreuve personnelle pour Enzo Ferrari qui est de plus en plus seul. Au bureau, il prend un peu plus de temps pour répondre à son courrier et faire envoyer des exemplaires de son livre "Piloti, che gente" à ses amis. En juillet 1979, au cimetière de Modène, la tombe de son fils Dino est profanée par des voyous. De son propre aveu, Enzo se sent terriblement seul, et, une fois de plus, est sur le point de se renoncer. Comme par le passé, Enzo continue de déjeuner au restaurant Cavallino, en face de son usine. Haut-lieu de Maranello, c'est là que ce sont faites et défaites des carrières de pilotes. Il mange moins, ne boit presque plus, mais continue d'adorer les fraises au vin...

En février 1988, il fête ses 90 ans et a la joie de voir son premier arrière-petit-fils, que son unique petite fille, Antonella - la fille de Piero Lardi - a mis au monde. Il se prénommera Enzo. Mais la santé d'Enzo Ferrari est mauvaise. Quand le Pape Jean-Paul II vient visiter pour la première fois l'usine Ferrari, le 4 juin 1988, le vieil homme reste alité. Il aurait aimé recevoir le Pape, mais ses forces l'ont déjà abandonné.
C'est à Largo Garibaldi, dans son appartement du centre de Modène, qu'Enzo Ferrari va vivre ses derniers jours. Quelques mois auparavant, il a cédé ses dernières actions à Fiat. Le 14 août 1988, entouré de Piero Lardi et de ses souvenirs, il décède. Conformément à son souhait, l'annonce de sa mort ne sera faite que deux jours plus tard. Le décalage de deux jours pour l'annonce de sa naissance est rattrapé...

Enzo Ferrari reçut le Prix Italien de la Cavalerie pour le mérite sportif en 1924 et reçut de nombreux honneurs de la nation: Commendatore en 1927, Cavaliere del Lavoro en 1952. En 1960, il reçut un diplôme honoraire en mécanique d'ingéniérie de l'Université de Bologne. En 1988, l'Université de Modène lui fit don du diplôme en Physique. Il emporta le prix Hammerskjold des Nations Unies en 1962, le Prix Columbus en 1965, le Médaille d'Or de l'Ecole Italienne de l'Art et de la Culture en 1970 et le prix De Gasperi en 1987.
Sous son commandement, la marque Ferrari gagna plus de 5.000 courses partout dans le monde et remporta 25 titres mondiaux.

 

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