Sur la 360 Modena la forme
confirme une progression très marquée grâce à des éléments
novateurs comme les ouvertures séparées au niveau des
deux radiateurs eau avant et les canalisations à l'arrière
de la voiture. Ce travail (dont on peut donner une idée
avec les 5 400 heures de soufflerie) a permis d'obtenir
des résultats extrêmement efficaces; le fond plat avec
les deux solutions venant de la compétition, c'est-à-dire
l'admission avant entre les deux radiateurs et le double
extracteur arrière, la lunette arrière inclinée avec les
deux longues meurtrières latérales ainsi que toutes les
autres solutions de forme ont contribué à l'obtention
d'un Cx équivalent à 0.335 mais, chose assez importante,
d'un Cz négatif qui assure une déportance progressive
en fonction de la vitesse. A 290 km/h le poids virtuellement
exercé sur la voiture est de 180 kg bien distribué sur
les deux axes. Ce poids conserve son équilibre même dans
les variations d'assiette en phase d'accélération ou de
freinage. L'effet de la charge permet de plus de fournir
au volant un durcissement naturel avec l'augmentation
de la vitesse sans qu'il faille recourir à une conduite
qui soit sensible au compte-tours.
5 400 h en souflerie
Le remarquable résultat aérodynamique,
grâce à l'étude poussée de forme, a été obtenu par Pininfarina
sans l'addition d'appendices alaires, en conservant ainsi
une bonne netteté de lignes. Pratiquement l'augmentation
de charge aérodynamique que l'on vérifie sur la 360 Modena
se traduit par une augmentation des performances globales
et, à vitesse égale, en un élargissement des marges de
sécurité et de confiance que le pilote peut percevoir
dans sa conduite. Pininfarina a interprété les objectifs
aérodynamiques en suivant une approche technico-fonctionnelle
qui a ses origines historiques dans La longue collaboration
avec Ferrari et dans son expérience des voitures à moteur
central. Ce style unit force et fonctionnalité. Les deux
prises d'air avant suscitent des réminiscences des voitures
Sport et monoplaces des premières années soixante (156
Fl, 246 SP, 248 SP), mais leur positionnement a permis
de canaliser l'air vers le fond de la voiture. La partie
centrale des radiateurs ayant été libérée, il a été possible
aussi de créer un compartiment bagages généreusement dimensionné.
Les groupes optiques avant intégrés dans la ligne du garde-boue
participent à la réduction de la résistance aérodynamique,
les groupes arrière sont ceux que l'on retrouve traditionnellement
chez Ferrari. Les prises d'air sur les garde-boue arrière,
eux, rappellent La 250 Le Mans et ont pour but de canaliser
l'air d'alimentation du moteur (gauche) et de refroidir
le radiateur de l'huile (droite).
La ligne de la Modena est dictée
par l'aérodynamisme. Par exemple, les déflecteurs
placés sous l'arrière de la voiture plaquent
celle-ci au sol à haute vitesse.
Une esthétique irréprochable
Enfin les prises d'air qui
se trouvent devant les roues arrière servent à ventiler
le compartiment moteur avec une masse d'air qui sort des
zones de dépression des fentes à côté de la lunette des
ouvertures du pare-chocs arrière. La grande lunette arrière,
en plus de sa fonction aérodynamique, laisse voir Le puissant
moteur V8. Le côté est marqué par une ligne qui, en partant
du bord du garde-boue avant, arrive jusqu'au-dessus du
garde-boue arrière, en suggérant avec sa forme la sensation
de vitesse. L'équilibre des masses est significatif, sans
trahir la solution mécanique à moteur central au premier
coup d'œil, vu que l'habitacle est pratiquement centré
par rapport à l'empattement. Les roues en aluminium ont
cinq branches et cinq boulons de fixation. Ceux-ci occupent
les espaces internes en Laissant la côte supérieure de
chaque branche libre de créer une ligne de lumière qui
converge sur le moyeu, en donnant une sensation de netteté
et de légèreté.