Comment surpasser les 288 GTO, F40 et
F50 ainsi que les Supercars de Lamborghnini, Porsches,
Mercedes, Bugatti, Jaguar et autre McLaren qui se sont
amusés à titiller le mythe du cheval cabré
sur son propre terrain depuis le début des années
90. la réponse, Ferrari avait déjà
commencé à la soulever en 1995 avec la F50,
en jouant sur un cousinage étroit avec la formule
1. Cette fois la Enzo pousse les similitudes encore à
un niveau jamais égalé pour une voiture
de route.
Tout, vraiment tout d'une Formule
1
Avec l'enzo, cette volonté s'exprime
dès l'examen d'une ligne unique due à Pinifarina,
qui repose sur une structure monocoque en carbone, renforcée
de nid d'abeille d'aluminium. C'est le projet de Ken Okuyama
(déja à l'origine du design du concept "Rossa")
qui a été retenu.
Le travail aérodynamique a été mené
à un niveau jamais atteint sur une voiture de route.
Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un coup d'il
sur ce nez de F1 ou encore sur le diffuseur arrière ,
ou l'absence de tout aileron rapporté. Sur une
voiture destinée à dépasser les 350
Km/h, cette caractéristique est unique. On trouve
à l'extrémité du capot moteur, un
très court volet dont l'inclinaison varie en fonction
de la vitesse, ainsi qu'un petit aileron central mobile
à l'avant, sous le nez de la voiture (sur une F1,
les aielrons avants et arrières, bien que réglables,
sont fixes pendant les course, comme le veut le règlement)
. La configuration nez haut/aileron bas, identique à
celle utilisée en formule 1, permet de faire travailler
le fond de la voiture dans des conditions optimales. Celui-ci
débouche sur 2 grands diffuseurs, dont le profil
a été étudié pour générer
un appui important avec une garde au sol relativement
élevée. Deux autres diffuseurs prennent
place en avant des roues arrières, canalisant le
tourbillon généré par les roues avants.
Pur compléter ce dispositif, le nez compte deux
entrées d'air latérales qui viennent refroidir
les radiateur horizontaux. Les deux flux d'air chaux ressortent
verticalement , participant à l'appui sur le train
avant. Les extracteurs avant sont équipés
de deux volets mobiles, qui modulent la charge aérodynamique
en fonction de la vitesse.
Le résultat est spectaculaire pour
une voiture de route : à 200 km/h, l'ensemble du
dispositif génère un appui de 344 kg. La
charge aérodynamique atteint un maximum de 775
kg à 300 km/h pour redescendre ensuite à
585 kg à 350 km/h, ceci est du à l'abaissement
du volet réduisant l'appuis aérodynamique
(donc la traînée) afin de favoriser la vitesse
de pointe. Pour mémoire, une formule 1 en configuration
" Monaco " génère environ 1,9
tonne d'appui à 300 km/h.
Si ces subtilités aérodynamiques
ne vous passionnent pas, cette absence d'appendices aérodynamique
a le mérite de rendre l'Enzo compacte. Mètre
en main, elle déborde pourtant les dimension de
la F50 (4,48 x 1,98 x 1,12 m contre 4,70 x 2,03 x 1,15
m pour l'Enzo). Et pourtant, la F50 semble une peu empâtée
face à sa descendante. Il est toujours délicat
de formuler un jugement esthétique pour une engin
si particulier. Les photos espions laissaient craindre
un physique ingrat. Mais il faut la voir en vrai, l'Enzo
culmine à seulement 1,15 m du sol et est très
large. C'est donc de dessus qu'un adulte la toisera, laissant
apparaître la subtilité de ses galbes. Est
elle belle ? La question ne se pose pas plus que du temps
de la 250 GTO, ni même pas plus que pour une formule
1.L'Enzo à la force évocatrice d'un objet
très technique, la brutalité d'une machine
authentiquement centrée sur la performance. Elle
n'exprime peut être pas l'idée de la grâce
automobile, mais l'émotion visuelle qu'elle suscite
est énorme.
En 1995, Pinifarina avait pour ainsi dire
atteint des sommets d'esthétismes avec la F50,
qui n'avait pourtant pas pour seul but d'être belle
car sont aérodynamique avait déjà
été très travaillé. L'Enzo,
elle joue dans une autre registre arbore un physique plus
franc, plus brutal. C'est sur, visuellement, une personne
non initiée préférerait la F50. Mais
les vrais connaisseurs trouveront la Enzo sublime temps
sa ligne est taillée pour la performance. Le capot
avant, (la partie évoquant le plus l'influence
de la Formule 1), la ligne de feux arrières, les
énormes entrées d'air latéral, le
soubassement de la partie arrières, tous ses détails
sont de véritables uvres d'art, donnant à
la voiture un caractère particulier qui ne laissent
présager absolument aucune sagesse. Quelque par,
elle évoque à la fois la brutalité
de la F40 et la grâce de la F50 par ses formes plus
rondes et modernes.
Que l'on aime ou pas, force est de constater
que l'Enzo est la voiture de route à l'aérodynamique
la plus poussée qui soit. Aucun constructeur n'est
encore allez aussi loin à ce sujet. Ferrari a frappé
un très grand coups et surpasse une fois de plus
toute concurrence.